Les vendanges du Domaine, qui se sont déroulées du 17 au 31 août, se distinguent par le faible poids des grappes récoltées, conséquence d’une sécheresse et de chaleurs records. La vigne a toutefois démontré sa capacité à résister pour produire des raisins sains dans une année hors norme en tous points. Plus encore, la belle concentration des jus du millésime annonce des Sancerre solaires de qualité.
Des vignes résilientes face à une année exceptionnellement chaude et sèche
2026 s’ouvre sur un hiver pluvieux très doux : le Domaine ne relève qu’une seule semaine de froid, avec des températures allant jusqu’à – 6 °C, et un unique épisode de gel, en bas de son vignoble de Fontaine-Audon. Cette douceur déclenche un débourrement particulièrement précoce, avec une avance de 10 à 15 jours selon les secteurs.
Les températures moyennes du printemps et de l’été dépassent elles aussi largement les normales décennales, continuant d’accélérer le cycle de la vigne. Une chaleur intense s’installe, y compris la nuit, et plusieurs vagues caniculaires s’enchaînent, provoquant notamment d’importantes coulures durant la floraison. Ces canicules sont aggravées par une extrême sécheresse, variable selon l’exposition des secteurs, avec seulement 20 à 50 mm de précipitations entre juin et début septembre dans certaines parcelles. La vigne subit alors un stress hydrique constant, conduisant parfois jusqu’à son blocage physiologique. L’ensoleillement, quant à lui, s’avère également exceptionnel, renforçant les effets de la sécheresse et de la chaleur.
En dépit de ces conditions climatiques difficiles, l’état sanitaire des parcelles demeure très satisfaisant. Résiliente, la vigne parvient à se développer, là où d’autres végétaux peinent davantage. Les soins prodigués par les équipes du Domaine, sans oublier l’apport bénéfique des pluies hivernales, contribuent par ailleurs à soutenir le vignoble durant ces mois exigeants.
Des vendanges adaptées à la chaleur et à l’exposition des terroirs
Pour la toute première fois, la récolte du Domaine a lieu intégralement en août, du lundi 17 au lundi 31. Elle s’ouvre en fin de période caniculaire, la quatrième de l’année, à Fontaine-Audon et dans les parcelles de griottes de Chavignol. Les journées de travail des 120 vendangeurs se déroulent généralement de 4h à 12h, afin de limiter l’exposition des équipes à la chaleur et de préserver la fraîcheur des raisins.
Après une longue séquence estivale sèche, quelques pluies tombent enfin. La seconde semaine de récolte s’accompagne d’une baisse des températures bienvenue et des premières nuits véritablement fraîches de la saison, avant le retour de fortes chaleurs.
Sur ce millésime, l’exposition des parcelles s’impose comme un critère décisif dans le choix de l’ordre des zones à vendanger. Les terres orientées sud, notamment celles avec des sols maigres ou de silex, mûrissent tôt, tandis que celles exposées au nord, plus argileuses et profondes, sont ramassées à la fin.
Des petites baies, mais de belles concentrations
Sécheresse et fortes chaleurs ont limité la croissance des baies. Le poids des grappes figure parmi les plus bas jamais observés. Les rendements du millésime s’en trouvent donc impactés, s’établissant 20 % en dessous des objectifs du Domaine. Les conditions climatiques ont aussi débouché sur des raisins avec des niveaux d’acidité plus bas qu’habituellement, mais bien gorgés en sucres.
Le Domaine prévoit ainsi des vins de grande qualité. Les rendements moins élevés qu’attendus ont entrainé une forte concentration des jus, promesse de plus de rondeur et de corps que les années précédentes. Leur profil aromatique s’oriente vers des fruits mûrs appuyés, avec des notes plus épicées et légèrement briochées. Ces jus sont désormais entre les mains des équipes du nouveau chai gravitaire du Domaine, dont l’expertise et le savoir-faire permettront de mettre en valeur ce millésime solaire, notamment à travers un élevage sur mesure pour assouplir ses tanins.
« Malgré de petites grappes, les jus sont déjà très concentrés. Nous allons probablement obtenir un millésime de qualité, avec un beau potentiel de garde. » Rodrigo Zamorano
S’adapter face au changement climatique
Face aux risques accrus de sécheresse et de chaleurs, l’équipe du Domaine fait évoluer depuis plusieurs années ses méthodes culturales. Depuis 2024, elle déploie par exemple un plan de fertilisation organique mieux ajusté aux conditions sèches que les pratiques antérieures : une approche qui commence à produire des effets bénéfiques sur l’état des vignes, et donc sur les rendements, qui ont pu être meilleurs qu’espérés cette année, au regard d’autres secteurs de l’appellation.
Autre illustration de cette adaptation : la taille du Pinot Noir est retardée depuis deux ans à la fin de l’hiver pour réduire la précocité de la vigne d’environ 10 à 15 jours. Ce parti pris s’avère particulièrement salutaire dans les années solaires, comme 2026, pour obtenir des raisins avec des degrés alcooliques plus modérés et conservant une agréable fraîcheur.
Concernant les nouvelles plantations, le Domaine fait appel au principal levier disponible à ce jour : utiliser prioritairement des porte-greffes résistants à la sécheresse, alors que les choix antérieurs privilégiaient plutôt la résistance à l’humidité. Les jeunes pieds sont de plus davantage déchargés en raisins afin qu’ils consacrent leurs ressources à leur propre croissance et améliorent leur résilience lors des années sèches.